Portrait

« Lorsqu'on fait un film c'est la relation qu'on a aux choses et aux gens qui est importante », dixit Georges Luneau. Et cette relation est la base de son oeuvre. Une oeuvre marquée notamment par le documentaire, Le chant des Fous, une escapade au pays des Bauls du Bengale. Les Bauls, ou «anarchistes métaphysiques» selon Georges Luneau, sont des chanteurs errants qui parcourent les villages du Bengale depuis des siècles en exaltant les « chemins de l'amour». Ce film montre la trajectoire de différents chanteurs qui se rencontrent, se séparent et se retrouvent à un festival en rassemblant plusieurs centaines d’entre-eux.

Un film qui a plus à voir avec la musique qu'avec la photo car le cinéma est l'art de l'instant, de l’éphémère et du rythme et il crée une musique visuelle» souligne Georges Luneau.

« Ce documentaire fut un vrai plaisir. Je me rappelle d'une scène où l'on a filmé un vieux Baul en train de chanter. Soudain un orage a éclaté... Et il a continué à chanter en levant les bras au ciel.

C'est le fait qu'il soit resté lui-même qui m'a plu. On faisait partie du décor. La caméra était acceptée comme une personne. » Et le réalisateur d'émettre un voeu: « si les gens devaient retenir une chose du film, je voudrais qu'il garde à l'esprit notre humanité et qu'ils suivent cet esprit de questionnement ». 

Un questionnement aux sources de son oeuvre.


De l'essai à la réalisation

Touche à tout du monde audiovisuel, Georges Luneau se découvre très tôt une passion pour le cinéma. Etudiant, il passe d'ailleurs le plus clair de son temps à la cinémathèque.


En 1968, l'envie de voyager le saisit et le voilà enrôlé dans une aventure avec trois amis. Une 4L, dans les mains une caméra Beaulieu, et des rêves plein la tête, il part pour l'Inde via l’Iran et l’Afghanistan. Quelques mois plus tard, il décide de rejoindre un monastère de l’Himalaya et produit un film pour le Service de recherche de l' ORTF. S'en suivent la réalisation de deux films et l'enregistrement de trois disques sur la musique tibétaine. Le voilà donc piqué au vif. La fibre asiatique ne le quittera plus. Il réalise une dizaine de documentaires en Inde et sur la musique Japonaise, parfois avec des moyens techniques réduits, comme cette fois où il a construit un travelling au milieu du désert du Rajasthan.

Cette attirance pour l'Asie s'estompe un peu. Il fait le tour du monde et y tourne entre autres: Les Derniers pêcheurs de perles au Barhein, Little Haïti sur les réfugiés et la culture haïtiens à Miami, «Musica Sarda» en Sardaigne en collaboration avec l’ethnomusicologue Bernard Lortat-Jacob. Il s'intéresse aussi à des auteurs américains et tourne un film et des entretiens avec Jim Harrison en collaboration avec Brice Matthieussent traducteur de l’écrivain et sur Barry Gifford l’auteur de «Sailor et Lula» adapté par David Lynch. 


En 1985 il réalise un long-métrage de fiction adapté du récit de Julien Gracq «La Presqu’île» avec Gérard Blain dans le rôle proincipal.


Sa philosophie: «Il n'y a que des gens intéressants, tout dépend du temps qu'on est prêt à leur consacrer».


Propos recueillis par Alain Ricci


Georges n’a de cette « philosophie » qu’un souvenir lointain, qui fût probablement vrai pour une courte période de sa vie puisque maintenant c’est un ; arff diccille à dire et à admettre, un vieux con.


La progéniture 

© Georges Luneau 2015